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Lamartine et Chateaubriand, les Chefs de l’Ecole pro-sioniste !

Quand bien même le « coup d’œil » ne serait qu’une ébauche, on est saisi d’étonnement devant la « pause » que manifesteront durant le XIXème siècle, les agressions antisémites, constantes  identitaires et dévoilement de la vocation vindicative du rapport judéo-chrétien au cours de l’histoire.

On restera d’autant plus surpris,  que cette interruption s’accompagnera simultanément de la « naissance » d’un nombre considérable d’écrivains, poètes, artistes et philosophes qui témoignèrent,  non seulement d’une curiosité intellectuelle pour tout ce qui concernait les Juifs, le Judaïsme et le sionisme,  mais superposèrent à cet intérêt, une adhésion militante, d’intention réparatrice.

« L’affaire Dreyfus » pour lamentable et pitoyable qu’elle fût, authentifiera que le « sabre et le goupillon » sont capables des pires forfaitures en s’alliant avec Machiavel, pour tenter d’établir, en principe,    que la qualité première du Juif est et restera la félonie. « L’affaire » retrouvera dans une cohérence  implacable l’atavisme anti-Juif en faisant ombrage à  cet élan novateur  de sympathie.  Elle signalera  la pérennité de deux courants significatifs de l’histoire de France : le premier  qui ignorera les conséquences de la Révolution Française, se comportant, comme si l’Eglise était toujours l’allié du Pouvoir et, conservant pour les Juifs cette même approche,  faîte de suspicions et débordante d’un ressentiment haineux.  Cette France, qui se nomme « fille aînée de l’Eglise », c’est elle  qui fit dire à Maurras, apprenant sa condamnation : « C’est la revanche de Dreyfus » Est-ce cette même Eglise,  qui trouve acceptable, digne et conforme aux Evangiles de n’avoir rien à dire, commenter ou expliquer à propos de l’infâme statue de la cathédrale de Strasbourg !

Le deuxième courant,  autre « fille de France » qui découvrit les Juifs dans le même temps  qu’elle distinguera la démocratie, la liberté et rayonnera dans le monde avec la couronne de grandeur, écarquillera ses yeux sur ces Juifs,  qu’elle ne connaissait qu’au travers du discours disqualifiant de l’Eglise, discours qui lui apparaissait de plus en plus partial, inexact et diffamatoire.

Le XIXème siècle sera aussi, par la multiplicité des révélations  au sujet des Juifs, du rôle qu’ils ont joué dans la propagation d’idées qui serviront d’assises à bien des réformateurs politiques ou sociaux,    le « siècle test, » permettant de  nier que l’essence de la « culture française » est, dans son ensemble, antisémite. Les fruits de cette époque féconde, exprimeront, au contraire,  la nécessité  de réfuter les définitions discriminatoires. Il permettra d’estimer que, tout en restant, dans son essence relié à l’influence de l’antisémitisme, il sera capable de s’en dégager et saura maintenir une liberté de jugement.

Le XIXème siècle,   mettant en pratique les « découvertes » du Siècle des Lumières vit apparaître des humanistes,  hommes illustres qui en furent ses porte-paroles et,  dont certains allèrent même jusqu’à encourager le sionisme politique. Il est singulier que la France d’aujourd’hui ne s’en souvienne pas : « Chateaubriand, dans « Le génie du Christianisme » n’hésite pas à énoncer une vérité que les  anti sionistes d’aujourd’hui ne veulent pas entendre : « Les Juifs, ces légitimes maîtres de la Judée. » Lamartine, pour sa part, multipliera les références bibliques, tout en soutenant que « cette terre serait à nouveau la terre promise si la P.rovidence la rendait à son peuple. »


L’inspiration biblique restera très appuyée chez Alfred de Vigny et Victor Hugo. Le grand Gustave Flaubert, après une visite en Palestine,  insiste sur l’occupation calamiteuse de ces  terres par les islamiques. Quant au grand historien que fut Michelet, pourquoi, aujourd’hui, personne ne rappelle son « hommage au Judaïsme » (Chap 1, tome 10) dans son « Histoire de France. » Guy de Maupassant, n’hésitera pas à brosser le portrait de femmes juives patriotes, comme Rachel et Alexandre Dumas évoquera la Juive Rébécca, symbole de pureté et de vertu.


Quant à l’affaire Dreyfus, elle maintiendra, par devers elle,  la survie, l’impact du courant révolutionnaire, et réformiste qui, situé à gauche, donnera au socialisme français une coloration outrageusement usurpée de force progressiste, dont il se dessaisira,  quand il se sentira « obligé » de s’allier aux ennemis d’Israël, et essayer d’attester que la gauche reste crédible. Paradoxalement, l’évolution des mœurs  politiques renverra la gauche progressiste à la défense des valeurs de droite et, parfois même d’extrême droite.


En dépit de la persistance « d’habitudes antisémites » le courant favorable à l’Emancipation des Juifs qu’accompagnera souvent le soutien au Renouveau historique de la Nation Juive,  restera majoritaire au XIXèm siècle. Notons quelques uns de ces fidèles appuis, dont certains,  à cheval sur le siècle suivant, n’empêcheront pas le cataclysme : Emile Zola qui combattit les préjugés anti-cléricaux, Anatole France, Roger Martin du Gard et quelques grands écrivains Catholiques : Charles Péguy, Léon Blois, Paul Claudel, et Guillaume Appolinaire.


L’entre-deux guerres marqua sa volonté d’intégrer les Juifs à la vie de la Nation qu’animera Maurice Barrès encore « gêné » par des préjugés antisémites. La tendance pro juive se poursuivra au XXème siècle avec, cependant des signes d’étouffement qui annonçaient les orientations nouvelles d’aujourd’hui.


Une question de poids ne peut, dans ce contexte, ne pas être posée. Si l’intelligentsia française de 2013 est favorable aux revendications palestiniennes, comment aurait-elle réagi si  ses mentors du XIXèm, pro Juifs et pro sionistes tenaient toujours le devant de la scène ? Les mouvements de libération et d’émancipation sont nés au XIXème siècle, et pourtant aucun courant n’indiquait alors l’amorce d’une revendication palestinienne ! Avoir attendu qu’Israël devienne un Etat fort pour « rappeler » le nationalisme palestinien et avoir oublié son existence durant le siècle où l’image d’Israël retrouvait grâce auprès des nations est la preuve de l’aptitude à la  malice à ne pas confondre   avec  validité ou honorabilité.



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